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La prochaine réunion aura lieu le dimanche 25 juin
2000 à 12 h 00. chez Jean-Hugues Réthy à
Bures-sur-Yvette - RER B4 direction St-Rémy-les-chevreuse
(8 rue du château 91440 ; 01 69 86 10 04).
Ordre du jour prévu:
- Andréa nous parle du département de Linguistique
de l'Université de Buenos Aires en Argentine et du département
d'Informatique de l'Université Catholique de Santiago
au Chili qui souhaiteraient créer des contacts avec la
France au sujet des hypertextes et NTIC. Quelles formes donner
à ces contacts ? Cela pourrait être un accès
à des sites, des traductions d'articles, des chats, des
colloques etc. Jean-Hugues regrette qu'il n'existe pas un véritable
portail en France proposant un large éventail de ce qui
s'y passe au point de vue réalisation pratique d'àuvres
hypertextuelles. Le site du département de Paris 8 propose
bien une réflexion théorique mais les réalisations
n'y sont pas répertoriées. Si, un site en France
propose des accès à des àuvres numériques,
c'est celui du ministère de la Culture (site CICV), choisir
la partie « àuvre numérique ».
- Jean nous annonce que François Coulon, auteur de «
20% d'amour en plus », prépare un deuxième
roman avec un nouvel illustrateur. Une étudiante en Hypermédia
MST à Paris 8 réalise un site où elle se
met en scène par vidéo tous les jours de l'an 2000
: www.insoumise.org
- Nadia nous parle d'une journée d'étude à
l'ENST organisée par le groupe Réseau et Groupe
d'Analyse des Pratiques de Communications. Cela se passe de 10
h à 16 h le vendredi 16 juin au 46 rue Barrault 75013
Métro Corvisart avec J.-L. Weissberg.
- Jean-Marc intervient à propos d'une démonstration
à la rentrée prochaine, à laquelle il participera,
dans laquelle une nouvelle application de montage vidéo,
équivalente d'Avid, permettra de monter sur PC ses séquences,
aussi bien pour des professionnels que pour le grand public.
Voir le site : video-trackers.
- Évelyne se demande où acheter la revue «
create » qui existe depuis fin février 2000, l'équipe
qui a créé cette revue sur la création numérique
est la même que celle du monde informatique : IDG.
- Jean-Marc fait passer la revue SVM de mai 2000 où un
article présente « Medal », un générateur
de musique grand public qui sortira dans six mois, il peut fournir
50 milliards de morceaux allant du genre tube de l'été
à l'ambiance musicale - question du droit d'auteuR ? Des
"plug-in "téléchargeables permettraient
aux internautes d'entendre de la musique numérique medal.
- L'Ircam diffusent deux cdroms sur la musique à 249f
pour Mac et PC: « 10 jeux d'écoute » destiné
aux enfants avec dix exercices sur le timbre, l'espace, la fragmentation,
etc. . « La musique électroacoustique » avec
l'histoire et les différents courants d'une musique née
à la radio dans les années 50, une partie documentaire,
six analyses musicographiques, un studio de création électroacoustique
: www.hyptique.net, contact@hyptique.net,
tél. 01 49 29 53 00).
3) Jean-Hugues Rethy: Compte rendu de sa conférence à San-Antonio aux USA :
Cette conférence se déroule sous deux formes
: d'une part, la conférence elle-même organisée
depuis 1987 par l'A.C.M. (Association for Computing Machinerie),
d'autre part le workshop, sorte de groupe de travail ou d'ateliers
qui lui existe depuis quatre ans. Ce dernier regroupe des écrivains
d'hypertexte, il propose plusieurs mini-conférence, des
ateliers, il est beaucoup moins formel que La conférence,
il a été lancé par Dina Larsen qui publie
des hypertextes payants (en anglais) chez eastgate qui est l'équivalent
de 0h00 en France. Il y a toute une dynamique aux USA qui s'est
créée autour de Eastgate et du logiciel Storyspace
et où les écrivains de littérature hypertextuelle
doivent obligatoirement créer des liens interactifs, à
la manière de Storyspace. L'an dernier tout le monde était
dans la même pièce, cette année il y avait
quatre ateliers séparés :
a) - "Talk about Writing" ou comment parler
des hypertextes. Plusieurs universitaires qui tentent
d'enseigner la littérature hypertextuelle ont deux façons
d'en parler, soit sous forme théorique mais les écrits
sont anciens (de français comme Derrida) et restent très
théoriques et utopiques car ils semblent que la pratique
n'ait pas suivie, les hypertextes de fiction en particulier "ne
sont pas là". Et ceux qui existent maintenant ne
correspondent pas à ces anciens écrits théoriques,
et n'ont pas de théories actuelles autour. Est-ce que
c'est un échec ? Ou faut-il encore du temps ? L'autre
façon d'enseigner l'hypertexte est par la lecture elle-même
de ceux qui existent mais sont-ils lus ? Jean Clément
parle du succès auprès de ses élèves
de certains hypertextes comme « Apparitions inquiétantes
» et de « histoire de » . Jean-Baptiste objecte
que l'outil ordinateur n'est pas un outil de lecture et Jean
regrette que ce groupe américain ait une vue militante
(ou culturelle ?) de l'hypertexte ; qu'ils ne le voient qu'à
travers le mode de fonctionnement de liens de Storyspace dont
ils sont à l'origine, qu'il faut aller au-delà
de ces limites et pouvoir élargir du coté des ebook,
du multimédia (« Ememory » de Chris Marker,«
Histoire », « 20% d'amour en plus », «
Apparitions inquiétantes », etc.), qu'il faut pouvoir
regarder du coté de toute la littérature numérique
en général. Il y a quelques temps, Robbet Cuvert
a consacré tout un supplément littéraire
du « New-Yorks Times » sur l'hypertexte mais maintenant
Mark Bernstein dit que cela marche moins bien, qu'il est trop
marqué par des mouvements sociaux et politiques en recul
comme le féminisme qui voyait là un moyen de se
séparer de l'objet livre classique, de culture trop masculine
; il y a d'ailleurs beaucoup de femmes écrivains d'hypertexte.
Au cours de ce workshop, il y a eu également beaucoup
de discussions sur les définitions, peut-il y avoir hypertexte
sans ordinateur ? À un moment, les critiques littéraires
opposaient texte et hypertexte, ne faudrait-il pas mieux plutôt
parler de texte imprimé et de celui qui ne peut pas l'être
? b) Autre atelier : "Écrire comment ?"
où les écrivains réfléchissaient
sur différentes stratégies d'écriture.
c) "Écrire avec quoi ?" Les
écrivains ont fait remarquer qu'ils étaient obligés
d'utiliser cinq ou six outils différents : éditeurs
html, traitement de texte, Photoshop, etc., et ils demandent
une standardisation de tous ces outils pour pouvoir passer de
l'un à l'autre sans difficultés. De même,
leur évolution très rapide leur demande un investissement
énorme de formation ; ils rêvent d'un outil d'écriture
universelle. Jean pense que ce n'est pas souhaitable car l'outil
a une influence énorme sur le message "l'écriture
c'est le support !", c'est ce dont parle Edmond Couchot
dans son dernier ouvrage. Un parallèle est fait entre
l'évolution de l'hypertexte et celle du cinéma
qui a connu dès le départ un tas de conventions
"grammaticales" qui ont finalement permis son développement.
Ce modèle, qui a marché, fait rêver les gens
de l'hypertexte qui se demandent s'il ne faut pas également
créer une grammaire. Mais l'évolution du numérique
est telle que la comparaison s'arrête peut-être là,
par exemple l'arrivée dans les deux années à
venir du stylo numérique qui reconnaît les mouvements
en 3D et mémorise tout ce que l'on a écrit dans
la journée. Cette évolution technique si rapide
du numérique explique peut-être aussi le fait que
l'on n'arrive pas à écrire des théories
sur l'hypertexte. Quant à cette demande énorme
des écrivains au sujet des outils d'écriture, certains
suggèrent qu'il faudrait, pour avancer, non pas partir
de l'outil mais de ce que les écrivains veulent pour faire
avancer l'outil. D'autres pensent qu'on s'achemine vers le travail
d'équipe: vers le tandem informaticien / écrivain.
Comme au cinéma où il y a des tas de corps de métiers
différents même si exceptionnellement certains réalisateurs
n' ont pas suivi cette structure comme Cassavets qui mettait
les acteurs derrière la caméra et inversement.
Techniquement, Jean-Baptiste rappelle que la norme XML permet
des ouvertures très larges pour que les auteurs s'y retrouvent.
Mais il y a ambiguïté dans cette notion d'auteur
: doit-on parler d'écrivain hypertextuel ou de concepteur
multimédia interactifs ? Évelyne dit qu'elle a
exactement la même attitude de création avec le
film ou le multimédia, mais que la seule différence
c'est qu'elle pense à la personne qui regardera soit le
linéaire, soit l'interactif. Jean-Marc cite Bill Viola
qui souhaite que l'outil soit de plus en plus transparent pour
mettre la réalité en avant.
d) Quatrième atelier : « Write now »,
atelier d'écriture hypertextuelle. Durant cet atelier
les participants devaient d'abord décrire un objet, puis
utiliser ce qui avait été écrit pour décrire
de la même façon un lien hypertextuel. Et enfin,
les bouts de texte étaient reliés par des fils
faits avec des papiers découpés, collés,
pliés entre eux pour créer une arborescence physique
avec ces « fils » de papier.
À propos de la profondeur, la version en 3D et en VRML
du site de Talmoultrop est visible à l'adresse suivante
: raven.ubalt.edu/staff/moultrop.
Jean Clément distingue deux sortes d'écrivains
hypertextuel, les uns, ayant une démarche expérimentale,
utilisent divers matériaux numériques comme la
poésie, l'image, le son où le texte peut bouger,
être "zoomé", se transformer comme une
matière plastique, et leur écriture est extrêmement
dépendante de l'outil utilisé. D'autres, comme
Jacques Roubaud, matérialise leur hypertexte de façon
assez simple et souhaite laisser au lecteur la possibilité
de parcourir leur texte à leur gré.
Si bien que certaines uvres hypertextuelles ne peuvent pas être
lues à hautes voix car tout se passe dans le mouvement.
Jean-Hugues signale que dans ce quatrième atelier, trois
auteurs avaient « parlé » leur hypertexte
devant le public, l'un lisait le fragment de texte à l'écran,
un autre sonnait une cloche quand un lien arrivait pour permettre
à l'assemblée de réagir et de choisir ou
non ce lien, un troisième lisait un autre fragment si
le lien avait été choisi. On revient au rôle
du son dans l'hypertexte
À cette conférence il y a eu des outils présentés comme le logiciel d'écriture de Jean-Hugues Réthy et de son associé américain, ou encore un applet permettant de faire des zooms sur le web.
L'an prochain, la prochaine conférence aura lieu en Europe, au Danemark : ddd.ht01.org (?).
L'Electronic Litterature Organisation ouvre ses portes vers la cyber-littérature et voudrait rassembler le plus possible ce qui se crée dans le numérique dans tous les domaines dont celui de l'art ; les auteurs auraient un compte pour mettre leurs travaux sur le web accompagné de critiques. Il existe déjà au canada, à Montréal, un site qui accueille les uvres numériques.
4) Christian Loret: Le lien dans l'hypertexte :
Texte de Christian...
Durant cet exposé, le cdrom Machiavel est visible à
l'écran. Autant on peut générer de la musique
à partir de notions abstraites comme la hauteur de son,
l'amplitude ou l'intensité, son timbre, etc., autant cette
abstraction n'est pas possible avec le texte où on est
obligé d'instaurer des règles pour des situations
données ; on peut distinguer une combinatoire exponentielle
type Queneau avec les Cent mille milliards de poèmes où
chaque vers a une place précise à une combinatoire
factorielle où tous les vers pourraient prendre n'importe
quelle place.