Groupe de travail

"Ecritures Hypertextuelles"

Compte-rendu - 9 mars 1998

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Présents

BROUDOUX Evelyne - CLEMENT Jean - CONAN Anne - CRASSON Aurèle - DALL'ARMELLINA Luc - DUBARRY Philippe - GHARSALLAH Medhi - LIÉGEOIS Catherine - MORGON Laurence - OGÉ Valerie - TOTH Andras

 Secrétaire de séance : Philippe Dubarry

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Sommaire

Lieux de réunion Fete Veille Evénements Programme du séminaire Exposé/lecture (Paul Auster) par Medhi Exposé par Anne "De l'évaluation des cédéroms pour la jeunesse"

Actualités et digressions diverses


Laurence n'a provisoirement plus d'adresse électronique mais des documents peuvent lui être adressés par fax au 01 49 93 05 81.

Le lieu de réunion

Web-Bar or not Web-Bar ? Après une discussion animée et contradictoire, décision unanime a été prise pour une formule hybride, mariant tranquillité et effervescence informationnelle, de se rendre au WB les jours de disponibilité des salles et de continuer chez Jean le reste du temps. Cela donne le calendrier suivant :

Fête de l'Internet http://www.fete-internet.fr

Evelyne : un programme très orienté vers le commerce électronique.

Jean : présence à noter du Ministère de la Culture. Paul Braffort (ALAMO), organisation d'une interconnexion de sites de création littéraire (réseau RIALT). À l'occasion de la fête, l'ALAMO réactive ses anciens programmes, réécrits pour l'occasion en java. Voir sur http://indy.culture.fr/alamo

Enfin, Andras se propose de nous parler une prochaine fois de ce qui va se passer en Hongrie.

Veille techno

Le journal électronique animé par Alain Simmeray et édité par le CNRS : possibilité de s'y abonner et de le recevoir dans sa boîte une fois par semaine (le jeudi) à http://www.lmb.cnrs.fr/Webdo.html

 

Evénements

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Imagina ou la grande messe des images de synthèse

Soirée Pixel/INA, Luc a assisté à de nombreuses projections, grandes productions (Titanic...) et aussi habillages de chaîne. Présence très forte des télévisions (Canal+...) en attente de contenu pour la télé interactive à venir.

Ovosite de Paris8 sélectionné : Luc s'étonne d'une sélection d'un site au propos très "textuel" dans une compétition ayant pour thème les images sur le Ouèbe mais sans doute le jury aura considéré la cohabitation texte/image comme élément graphique.

Luc a remarqué 2 productions réalisées par des étudiants de Sup Info Com, "Migrations" de Constantin Chamski et "Ombre portée" : pas seulement des images de synthèse de qualité mais aussi de vraies histoires. Voir dans la revue Pixel et aussi sur Canal+ (Cyberflash, l'oeil du cyclone...). Remarquable aussi, une production de Pixar (Gary's game).

À la conférence télé interactive, le constat a été enfin fait de ne pas se préoccuper exclusivement de technologie comme auparavant mais surtout de contenu, cqfd ou de l'invention de l'eau tiède...

AFP et synthèse d'images

Andras cite une interview entendue sur une radio et relatant le nouvel intérêt del'AFP pour la réalisation d'images pour accompagner leurs dépêches en cas de manque d'images réelles ???

Butinage

CICV <http://www.cicv.fr/accueil.html> un site à aller voir...

 

La Villette

Anne nous fait part de rencontres régulières à la didacthèque sur le thème multimédia, formation et public en difficulté. Présentation de CD-ROMs, etc. La prochaine, lecture et multimédia aura lieu le 20 mars. Infos plus précises prochainement...

Poésie électronique

Cette semaine avait lieu au Tipi devant Beaubourg une présentation de travaux de Bootz, Donguy, Papp, etc.

 

Electronic Imaging à Florence

Pour les plus fortunés d'entre nous, une manifestation à Florence du 23 au 28 mars prochains. http://www.brameur.co.uk/vasari/

 

Hypertext 98 à Pittsburgh

Jean nous fait part de son expérience de lecteur pour l'évaluation et la sélection d'articles pouvant faire l'objet d'une communication : une grille d'analyse et des commentaires personnels... Pour l'anecdote, de nombreux rédacteurs voient dans l'hypertexte un outil de libération politique.

Entre autres articles, quelques -uns intéressants : De Jim Rosenberg, de la différence entre l'hypertexte et le texte généré. D'une équipe de l'Université de Louvain, la prise en compte du lecteur pour l'adaptation de l'hypertexte. D'une équipe de Nîmes, les logiciels de résumé automatique comme une sous-catégorie des hypertextes.

 

Lettre d'info du Ministère de la culture

http://www.culture.fr Gratuite, cette lettre d'informations est assez superficielle mais donne une bonne vision globale de l'actualité culturelle. Pour s'abonner, écrire au Ministère de la culture et de la communication, 3 rue de Valois 75042 Paris cedex 01 (télécopie 01 40 15 87 05).

 

(ré)éditions

Aurelle nous fait part d'une nouvelle édition de Compact de Maurice Roche chez Tristram/la petite école , ainsi que de W par Georges Perec chez Gallimard/l'imaginaire. Autre nouveauté, des textes sur la ville avec une mise en page intéressante, Spécimen chez Amok Éd. De l'hospitalité de Jacques Derrida, une lecture où les pages se répondent entre elles.

 

Appel à articles

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Electronic Publishing fait appel à des auteurs sur l'hypertexte... Prendre contact avec Jean pour plus de détails.

Prochaines séances du séminaire

lundi 16 Mars

Lundi 23 Mars

lundi 30 mars

lundi 6 avril

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Lecture par Mehdi

extrait de "l'invention de la solitude" de Paul Auster (Sun, New York, 1982)


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" On a parfois l'impression d'être entrain de déambuler sans but dans une ville. On se promène dans une rue, on tourne au hasard dans une autre, on s'arrête pour admirer la corniche d'un immeuble, on se penche pour inspecter sur le trottoir une tache de goudron qui fait penser à certains tableaux que l'on a admirés, on regarde les visages des gens que l'on croise en essayant d'imaginer les vies qu'ils trimbalent en eux, on va déjeuner dans un petit restaurant pas cher, on ressort, on continue vers le fleuve (si cette ville possède un fleuve) pour regarder passer les grands bateaux, ou les gros navires à quai dans le port, on chantonne peut-être en marchant, ou on sifflote, ou on cherche à se souvenir d'une chose oubliée. On a parfois l'impression, à se balader ainsi dans la ville, de n'aller nulle part, de ne chercher qu'à passer le temps, et que seule la fatigue nous dira où et quand nous arrêter.

Mais de même qu'un pas entraîne immanquablement le pas suivant, une pensée est la conséquence inévitable de la précédente et dans le cas ou une pensée en engendrerait plus d'une autre (disons deux ou trois, équivalentes quant à leurs implications), il sera non seulement nécessaire de suivre la première jusqu'à sa conclusion mais aussi de revenir sur ses pas jusqu'à son point d'origine, de manière à reprendre la deuxième de bout en bout, puis la troisième, et ainsi de suite, et si on devait essayer de se figurer l'image mentale de ce processus on verrait apparaître un réseau de sentiers, telle la représentation de l'appareil circulatoire humain (c§ur, artères, veines, capillaires), ou telle une carte (le plan des rues d'une ville, une grande ville de préférence, ou même une carte routière, comme celles des stations-service, où les routes s'allongent, se croisent et traces des méandres à travers un continent entier), de sorte qu'en réalité, ce qu'on fait quand on marche dans une ville, c'est penser, et on pense de telle façon que nos réflexions composent un parcours, parcours qui n'est ni plus ni moins que les pas accomplis, si bien qu'a la fin on pourrait sans risque affirmer avoir voyagé et, même si l'on ne quitte pas sa chambre, il s'agit bien d'un voyage, on pourrait sans risque affirmer avoir été quelque part, même si on ne sait pas où. "

 

Exposé d'Anne : de l'évaluation des CD-ROMS pour la jeunesse


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Intéressée par la narration destinée aux enfants et après s'être détournée de l'édition papier pour raison de saturation du marché, Anne s'est tournée vers la narration interactive (mémoire de maîtrise).

Son expérience personnelle : frustrée d'avoir à cliquer partout, se demande s'il est possible de raconter une histoire sans linéarité. Un constat, actuellement, ça ne marche pas vraiment. Comment donc faire pour que ça marche ?

Une réponse provisoire, analyser les choses pour mieux les comprendre et élaborer des outils d'évaluation.

Première étape, recenser les grilles d'évaluation existantes, environ une dizaine trouvées sur le Net, celles des producteurs restant

inaccessibles. Voir quand même le site de "Software for learning" proposant 5 analyses <http://www.blabla.blabla> Résultat, des outils disparates, peu pertinents eu égard au projet, et la constatation que l'analyse est indissociable d'une sérieuse description (ce que je confirme personnellement après un travail avec Patrick Curran).

Deuxième étape, l'analyse d'un CD, Myst, dans le cadre d'un travail préparatoire au mémoire de DEA, l'UV hypermédiatisation de JP Balpe.

Ce qui intéresse aussi Anne est d'éviter une démarche pédagogique, pénible à ses yeux. Privilégier donc l'histoire, le déroulement des choses sans se soucier de pédagogie. Rechercher aussi à procurer du plaisir. Mais si ça marche dans un contexte d'enseignement, tant mieux !

Anne présente ensuite son travail et, plus que de vouloir la paraphraser, je m'attache maintenant à retranscrire dans la mesure du possible les remarques les plus représentatives de notre assemblée. Je n'ai pas trop voulu les modifier, cela eut été introduire trop de moi-même et ce n'est pas le rôle d'un secrétaire.

L'aspect décousu qui en résulte vous gênera peut-être. Je vous remercie d'avance pour vos remarques et corrections, afin de faire évoluer la méthode de retranscription de l'exposé ainsi que de rester fidèle à vos propos critiques et constructifs.

Aurelle pose la problématique : comment aborder un récit dans sa forme hypertextuelle, appréhender la culture, l'histoire autrement que par un livre ?

Suit une controverse sur l'aspect pédagogique de la réalité de Myst comme récit ou pure déambulation.

Mehdi : Myst reproduisant le processus de recherche scientifique pour progresser.

Aurelle : Myst comme une intuition personnelle à construire, un jeu sans questions-réponses, se situant dans le sens où doit aller l'hypertexte, pour un autre système de lecture, pour se défaire de la culture de l'imprimé et de l'esprit de transposition.

Jean : visée pédagogique de Myst indirecte, une espèce d'apprentissage au second degré à un autre mode de lecture.

pour des critiques de Myst, aller voir les sites suivants :

<http://www.liberation.fr/multi/index.html>

<http://www.lemonde.fr/multimedia/index.html>

 

Aurelle : pousser la critique stylistique pour développer l'écriture multimédia, trouver le plus d'interprétations possibles...

Anne : Myst, une histoire à reconstituer, pas d'interface mais un paysage onirique, une histoire qui s'appuie sur l'interactivité...

Maintenant une dérive de l'histoire vers la navigation...

Jean conteste le "principe" d'une navigation idéale. Peut-être la narration sur CD frustre le lecteur de ne pouvoir se rendre à son gré où il veut...

Une remarque "vocabulistique" de Mehdi : un concept de navigation ou comment le lecteur est représenté, la métaphore comme moyen d'immerger le spectateur dans un univers.

Sur le désir d'Anne de donner du plaisir et d'éviter le côté agaçant d'une recherche à tout crin de transmission d'un savoir.

Jean : distinguer l'usage de la visée.

Mehdi : difficulté à se mettre à la place d'un enfant, on peut, adulte, être déçu alors qu'un enfant est enthousiaste.

Jean : la grille est un élément trop réducteur.

Anne : je sais et c'est là où je voulais en venir... Quelle évaluation pour quelles limites, c'est-à-dire savoir où s'arrêter.

Aurelle : les évaluations actuellement sont limitées aux aspects techniques et parlent beaucoup moins du contenu.

Anne : d'où mon désir de passer de la grille à l'élaboration d'une méthode afin d'analyser la narration, donc le contenu.

Evelyne : il y a contradiction entre le mail et l'exposé ; Myst n'est pas une histoire mais un jeu !

Luc : on peut parler ici d'une expérience, pas de narration. Une recherche de masquer l'interface au point qu'on ne voit que des fragments de récits s'interpénétrer.

Mehdi : l'impression de continuité de Myst provient de son aspect spatial (pas de sommaire, seulement des fragments...)

Jean cite alors un livre en guise de réponse (celui que nous présentera Evelyne le 6 avril prochain, "Hamlet on the holodeck, the future of narrative in cyberspace" de J. Murray, Simon & Schsuter, 1997).

Puis : il y a ici dissolution de la narration au profit de l'espace. C'est le lecteur qui fait la narration. La narration, le récit, supposent que le monde n'est pas là, visible. Le multimédia tend à privilégier l'univers au détriment de la narration qui, elle, est à réinventer à chaque lecture.

Aurelle : la narration se trouve ici limitée à des repères topologiques...

Jean : dans quelles conditions les images se mettent à constituer un récit ? (cette question m'intéresse diablement, je ne peux pas

m'empêcher de transgresser ici mon rôle de secrétaire, des pistes du côté de quelques BD, en particulier chez Andréas à mon avis...)

Evelyne : Myst n'est pas un conte, une analyse ne peut être faite que s'il existe une histoire...

Mehdi : éviter alors les cas d'exception comme Myst... Suit alors une série de digressions sur le mode to be a cas d'exception

or not to be a cas d'exception...

Vient ensuite la question du corpus d'oeuvres cédéromesques, socle de la troisième étape du travail d'Anne, afin de mettre au point la méthode d'analyse en lieu et place d'une grille d'évaluation. Fusent quelques propositions comme le livre de Lulu (controversé : pour car c'est une création réellement multimédia, contre car l'histoire n'est pas terrible), le petit prince ou la reine des neiges (controversés pour les raisons opposées aux précédentes), penser aussi à utiliser le catalogue du dernier prix Möbius avec des oeuvres comme Midnight play...

Les préoccupations actuelles d'Anne :

1 ) établir une méthode d'analyse en fonction du corpus, ou bien une

méthode plus générale.

2 ) rechercher des sources bibliographiques pour tout ce qui touche à l'ergonomie.

Deux orientations sont proposées :

Dans les actes du séminaire (voir du côté de Luc) 95/96 numéro 5 (écrit, image et nouvelles technologies), un article de David Cohen sur les partitions de l'écran, pas trop cher (80F à la librairie Tekhnê rue des Carmes dans le 5ème), encore moins cher sur le site <http://www.artemis.jussieu.fr/dess/bibli>.

Comment aller au-delà de la description jusqu'à l'analyse ? Et arriver à retrouver une véritable grammaire hors de celles des autres médias pré-existants.

Valérie cite le livre "la relève du réel" de Serge Salat dont elle fera un compte-rendu prochainement.

Jean : la gestion du temps de lecture est complètement différente pour le CD de celle du livre. L'écart est beaucoup plus grand pour le CD, du fait des différences dans la manière d'appréhender les choses et dans les cultures de chacun.

Aurelle : comment l'interprétation peut aller au-delà de l'histoire par les liens ?

Comme éléments d'une méthode, Aurelle propose d'écrire d'abord sa propre histoire afin d'établir une grille/méthode adaptée à soi-même.

Jean : ne pas s'embarquer dans la sémiologie, l'analyse, le risque est grand de s'y perdre...

Evelyne : oublier d'abord la grille, décrire, puis des points de comparaison vont nécessairement émerger.

Luc : partir de son désir personnel, ne pas voir avec le regard des autres...

Aurelle : penser à son lecteur. Trop d'analyses nous encombrent déjà... La technique ne peut être totalement évacuée de l'évaluation. De front avec le contenu, elle vient dans la continuité de l'histoire...

Puis de nombreuses digressions sur la totalité et le fragment (Aurelle citant le livre-total/idée qu'on puisse être dans la totalité, Jean parlant de l'esthétique du fragment qui tend à en faire une totalité/l'hypermédia comme recomposition permanente et dynamique...)

Pour finir, un débat aux limites très floues sur l'interactivité, existe-t-elle vraiment (?), les productions actuelles n'étant finalement que réactives... Certains d'entre nous se sont même laissés à dire que l'interactivité n'a de sens qu'entre êtres humains...

En post-fin et au milieu du brouhaha, Jean propose que chacun établisse une liste des médias (livres, CD, revues, articles et autres sources d'informations ) que nous pourrions nous prêter entre nous.

Excellente semaine à vous toutes et à vous tous..

Philippe

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