DIGRESSION

Partie du discours ou l'auteur s'éloigne du sujet, pour narrer une anecdote, une souvenir, dépeindre un paysage, un objet d'art, etc., et leur donner un développement inattendu. C'est une histoire en marge de l'histoire. La digression peut répondre à plusieurs intentions: 1° elle distrait le lecture d'un sujet trop aride; 2° elle peut être une sorte de suspension destinée à faire languir le lecteur dans l'attente impatiente d'un bonheur ou d'un malheur prévu. Prenons garde à la digression: elle fait perdre le fil des événements, rompt l'unité de l'action, ennuie parfois le lecteur. Mais elle peut-être utile à l'orateur, à l'avocat désireux de créer une diversion, une détente, avant de revenir avec plus de fougue ou de sérénité au sujet traité.
Le poète peut pratiquer une double digression. Énée raconte ses aventures à Didon (1ère digression) et, à l'intérieur de cette digression, fait la description du bouclier que lui a donné Vénus et que forgea Vulcain, ainsi que des scènes ciselées dans le métal de ce bouclier (2ème digression).
Dans le vocabulaire du cinéma, on se sert du mot anglais suspense qui a exactement la même valeur en ce qui concerne l'interruption concertée de l'action principale.
Étymologie: du latin digressio, de digredi, s'éloigner.