:20.01/ Madame

Pétula, toute émoustillée de se retouver dans son boudoir (une rotonde avec deux colonnes de marbre plantées dans les boucles d'une moquette irisée),présente au cameraman des robes excentriques, des falbalas en voici en voilà; et quelques objets moches à ravir qui décorent sa chambre patinée d'or. Elle indique, au passage, leur prix
($$$)

Au plan suivant, on la voit à table (une table somptueuse dans une salle à manger de rêve, évidemment).

Elle dîne en compagnie de son minuscule toutou racé qui se tient sur genoux. Leur domestique,un black à cheveux blond, dépose la gamelle à la gauche du chien
(aboiements)

Le journaliste qui, lui, n'est pas convié à partager le mets, demande, très inspiré (ne se privant d'interrompre le toutou excité), si l'argent fait le bonheur.

Pétula jette un cil envers son domestique de la filière cubaine qui assure un service impeccable et répond: l'argent achète les bons domestiques
(rires)

LE JOURNALISTE: - Qu'est-ce qu'un bon domestique?
PETULA: - Un bon domestique lave à la main mes petites culottes et ne déplace pas les objets précieux après les avoir dépoussiérés.
LE JOURNALISTE: - Vous dînez, ce soir, chez vous, en compagnie de votre chien, alors que nous étions supposés vous suivre à ce dîner de charité dont le prix exceptionnel doit représenter 5 ou 6 salaires de votre employé de maison.
PETULA:
- Mais j'ai payé!... Et tout le monde m'attend!... Voyez-vous, je suis lasse de ces dîners de charité. Je connais everybody... Peu importe, ce soir, je n'avais nulle envie de m'habiller.
LE JOURNALISTE : - Vous vivez dans l'illusion?

PETULA: - Bien sûr, à True Hill, rien n'est réel. Je vis dans l'illusion... N'est-ce pas le rêve de tout le monde?