:20.11/ Madame

J'entendais la porte du réfrigérateur claquer. J'en sursautais de te savoir si violent. J'avais peur que tu me soupçonnes de... Non, non, non... et puis tant pis si un crime passionnel avait lieu. Ce que je vivais était si immense.

Ô ce doux Jesus qui me regardait! Regarde-moi! Le souffle de Jesus s'engouffrait dans mes tympans: Tu as peur? Dis-moi que tu as peur.

J'entendais tes pas revenir de la cuisine. Ils se dirigeaient vers le salon. Tu apparus à l'embrasure de la porte, une bière à la main. Je tentais de rester la plus naturelle possible empruntant une attitude dégagée. Tu t'approchas de moi.

J'en tortillais mes jambes jetant quelques coups d'oeil furtifs vers l'écran pour ne rien manquer de l'entreprise de séduction de Jesus.Ô mon doux Jesus, je suis tellement intimidée.

Après avoir posé sur la table basse, ta bière près de la mienne, ôté ta cravate qui pendait à ton cou comme une corde de pendu, tu t'agenouillais au pied du canapé dans lequel j'étais recroquevillée. Ta main caressait mon épaule de soie.

Saisie d'un frisson, je remontais mes jambes contre la poitrine.

Tu te penchas vers la télévision où Jesus, vêtu d'un costume de lin crème, faisait la cour à cette femme allongée sur un canapé.

Ta main glissa vers le tapis en quête de la télécommande. Elle fouillait la moquette jonchée de catalogues de vente par correspondance que j'avais feuilletés dans l'après-midi.