Homodiégétiques

Les analepses complétives, ou "renvois", sont celles qui viennent compléter après coup une lacune antérieure (une ellipse) du récit. Elle peuvent être strictement temporelles ou au contraire porter sur un aspect de l'action qui n'a pas été évoqué dans la récit premier. Ainsi d'un personnage oublié sur lequel l'auteur revient. Il s'agit alors non pas d'une ellipse, mais d'une paralipse.[l'hypertexte ne peut évidemment pas comporter d'analepses hétérodiégétiques de par sa structure propre, c'est à dire des analepses qui correspondent à un parcours, à des liens (sauf pour des dispositifs que l'on peut commencer à lire à partir de n'importe quel endroit), il peut par contre comporter des analepses homodiégétiques. C'est même une de ses caractéristiques. Le récit s'enrichit d'un évènement ou d'un personnage qui avait été laissé de côté lors d'un premier parcours.Mais l'homodiégèse n'existe que si on boucle sur le récit principal. Sans cela, le récit secondaire devient récit principal.]
Les analepses répétitives ou "rappels" sont celles où le récit revient sur ses propres traces. Un même évènement est raconté autrement. [possible avec l'hypertexte, pour lequel s'ajoute la possibilité de faire varier le narrateur sans le dire]
"Mais l'usage le plus typique du rappel est sans doute, chez Proust, celui par lequel un événement déjà pourvu en son temps d'une signification voit après coup cette première interprétation remplacée par une autre (qui n'est pas nécessairement meilleure). Ce procédé est évidemment l'un des moyens les plus efficaces de la circulation du sens dans le roman, et de ce perpétuel "renversement du pour au contre" qui caractérise l'apprentissage proustien de la vérité."[sans doute est-ce là aussi un des procédés les plus efficaces de l'hypertexte avec cette particularité supplémentaire: le même texte (et non seulement le même événement) peut y être lu plusieurs fois avec des yeux différents selon le parcours déjà effectué]
Analepses partielles ou complètes selon qu'elles sont ponctuelles (elles éclairent alors un aspect de l'histoire) ou complètes (raccordant le passé au présent en récupérant la totalité de l'antécéent, se substituant parfois au récit principal. C'est le propre des commencements in medias res .type La duchesse de Langeais ou La mort d'Ivan Ilitch dans lesquels le récit premier fait figure de dénouement.

Table des matières