Stûpa

Les empereurs Açoka, en Inde, au IIIe siècle avant notre ère, Wen, en Chine, au Vlle siècle de notre ère, édifièrent d'innombrables stûpas, le long des routes et aux carrefours, comme d'élégants et massifs reliquaires, symbolisant la fidélité du Pouvoir au Bouddha et appelant la fidélité des sujets, au Pouvoir. Mais le symbolisme du stûpas dépasse cette utilisation politico-religieuse.

Le stûpa, monument caractéristique et capital de l'Inde bouddhique, est originellement un tumulus édifié sur les reliques du Bouddha. Le stûpa est en conséquence le symbole aniconique du Bouddha lui-même, et plus précisément de son parinirvâna.

Mais le stûpa est aussi un symbole cosmique. Il est l'oeuf du monde (snds), figuré par la demi-sphère, ou encore la matrice (garbhas) contenant le germe (bîju, figuré par les reliques. Le stûpa est plus souvent posé sur un piédestal carré, ou bien expressément orienté : nous retrouvons la le symbolisme du dôme* (voir aussi sphère*), dans lequel la terre supporte et le ciel couvre. L'axe du monde est toujours figuré dans le stûpa et en dépasse le sommet : c'est la sortie du cosmos, l'élan spirituel hors des limitations contingentes de la manifestation.

Ce symbolisme cosmique est encore précisé par le rite de la circum-ambulation*, effectuée autour du monument. Il existe une analogie certaine entre le stûpa et le corps du Bouddha, les étages, comme les parties du corps, signifiant la hiérarchie des niveaux d'existence ou les degrés du ciel, et la sortie s'effectuant par le sommet de la tête.

Au Tibet, les différents étages s'identifient d'ailleurs respectivement au carré, au triangle, a la coupe et a la goutte flamboyante, correspondant de bas en haut aux cinq éléments : terre, eau, feu, air, éther, ainsi qu'aux cinq principaux chakra de la réalisation tantrique. Les parasols*, étages le long de l'axe qui dépasse la demi-sphère, figurent une hiérarchie céleste, extra-cosmique, supra-humaine (BURA, GOVM, SECA).