COUPLAGE FONCTIONNEL HOMME-MACHINE : DES COMMUNICATIONS INTERACTIVES ET DE LA GENERATION DES FAITS DEMOTION
Résumé de la thèse
Au-delà de toutes les définitions de la communication, nous pouvons en construire une qui se rapproche de notre problématique. Nous dirons que communiquer en hypermédia, consiste parfois à sélectionner des faits qui peuvent subir une transformation (voulue ou non) par déformation, par adjonction des allusions, des sentiments, des impressions ou des ressentiments pour que lensemble fasse système cest à dire donne un sens en servant un message. Peu importe que ce dernier soit éloigné de la réalité dès lors que nous arrivons à convaincre et à emporter ladhésion des autres.
Cette définition plante du coup le décors de notre prospection. Notre vision initiale part dun constat de rupture qui trouve sa source dans notre modernité et des nécessités systémiques qui en découlent.
Pour conduire à bien de notre projet, il convient dès lors de spécifier les éléments de notre problématique et den déterminer leur typologie, leur permanence identitaire. Ce faisant, cest aussi le rapport du fait communicatif à la cognition, à lintentionnalité que nous visitons.
Un premier constat est la préconception orientée des auteurs, narrateurs ou inter-acteurs. Dans les hypermédia, en ce qui concerne les communications cest dabord une approche en terme " disotopie " quil sagit, nous estimons quon comprend mieux en visitant ou en re-visitant ce que nous avons appelé lempreinte de nos sens. Cest aussi le fait que lutilité de luvre peut se mesurer par laction en retour de linter-acteur qui vient contredire ou renforcer le discours initial. Luvre nest achevée complètement quen incluant laction (passive ou active) du spectateur. La lecture constitue la suite de lécriture tout en étant sa fin. Quil yait interaction effective ou pas, seule lopinion générale quon en retire compte en dernier ressort.
Mais avant de proposer un modèle qui a pour ambition de représenter de manière systémique le fait communicatif, cest avant tout de découvrir lapport de nos sens dans la communication. Pour ce faire, il convient détablir, un comparatif entre la communication au sens qui nous est la plus naturel et la communication hypermédiatique : confronter leurs accordances et ou leur résonances.
La partie pratique de notre étude commence par une analyse plus fine des outils de la communication, faits des langues et langages, des images, des univers multiples de notre discours (interfaces, acteurs, environnement), des polarités sémantiques, du style intelligence artificielle/intelligence naturelle qui rendent notre modèle fécond.
Déchiffrer le monde suppose des capacités de scission du monde réel en micro-mondes réels ou virtuels, de processus de représentation selon une certaine axiologie qui fait que la communication épouse parfois une structure bien particulière, surtout pour ce qui concerne les hypermédia.
La dernière partie de notre parcours que nous avons intitulé proposition dun modèle de processeur humain est le cur même de notre démarche, où nous retrouvons de manière plus spécifique la plupart des thèmes qui nous avons développé petit à petit dans cet ouvrage, et il convient maintenant de leur fournir tous les attributs dun essai de théorisation. Cest donc ainsi que nous déambulons à travers des thèmes bien connus par ailleurs et qui épousent un parcours bien particulier dans lunivers des communication hypermédiatique. La complexité, les considérations sur lintelligence artificielle, le rapport des communications et des faits de consciences modélisés constituent ici les éléments de notre essai au plan systémique. La fin de cette partie est une ouverture vers lécologie de la communication avec un apport particulier de lintelligence artificielle.
Au-delà de ce résumé, le parcours hypermédiatique se veut aussi le lieu dune alternative tant au niveau de la lecture que de lécriture, un autre point de vue.
Les sciences de la communication en tant que système concret dorganisation sont perfectibles surtout sous langle de la pragmatique et au fur et à mesure des révélations de certains de leur dysfonctionnements. En tant que nouvelle " idéologie " cest parfois la réalité que nous devons transformer pour quelle corresponde davantage à une certaine épure de ce que veut le système.
A la suite du signe, la tâche instance première des processus en jeu apparaît donc comme lélément qui lie lhomme et la machine. Le triangle sémiotique de
PEIRCE nous permet de représenter les entités homme/machine en élargissant la notion de contexte au système.
Il y a donc une impérieuse nécessité à réaliser des interfaces tant sur le plan des technologies, que sur le plan des relations fonctionnelles entre lhomme et la machine. Le rôle de ces interfaces technologiques ou conceptuelles consiste à réduire la distance entre lhomme et la machine. A ce titre, ils seront vus comme des outils de rapprochement entre les deux entités.
Les sciences cognitives et les sciences de lintelligence artificielle ont élaboré des principes fondamentaux qui peuvent accompagner notre façon de conceptualiser ce couple. Elles sintéressent aux mécanismes du processus dinformation chez lhumain et dans les machines, en tentant de trouver des similitudes pour certains dentre-eux. Un niveau liminaire de caractérisation fait de notre couple un système interactif réalisant sa propre interface par la communication.
Sur un plan plus général, si on sintéresse aux relations homme-machine, on rentre alors dans une problématique communicationnelle où interviennent alors plusieurs facteurs : la nature de lémetteur et du récepteur, les interactions entre ceux-ci, la nature des données échangées, etc. Notre univers du discours va concerner (entre-autre), un système symbolique, possédant des données symboliques Il convoquera aussi diverses modalités de communication. Lhypermédiation reflète mieux le processus en question.
Linteractivité homme-machine se fera sur plusieurs plans en tenant compte de létat de lart dans plusieurs disciplines et particulièrement dans les neurosciences et la psychologie cognitive.
Si nous admettons un instant que le champ et le hors champ font partie dun seul et même ensemble, alors les hypothèses de lêtre symbiotique ou virtuel, lunivers de notre discours et sa face cachée en superposition nous fournissant nos micro-mondes comme autant de mondes différents, qui doivent être prises en compte.
En abordant ces oppositions ainsi que ces frontières de séparation comme de reliance, nous renouvelons aussi les statuts de linformation, que nous définissons comme un processus initié par lhumain, à lintention de lhumain.
Linformation est renouvelée aussi à travers ses arguments à savoir : son rôle, sa forme, son contenu, sa qualité, sa structure, son devenir, son origine, ses relations, ses héritages et ses dépendances, comme le dirait Jakobson. Ce faisant, cest un renouvellement des attendus de tout le registre communicationnel qui est engagé. Cest dans ce champ multiforme avec des dimensions spéculaires que nous situons notre problématique. Celle-ci prend tout particulièrement en compte les processus sur lesquels se fonde et sactualisent les hypermédias, jusquà leur modélisation..
Joseph Tientcheu